Réalisateur: Bertrand Loyer 
Producteurs: ARTE France, Saint-Thomas Productions 
Nationalité : France

À l'origine du célèbre mythe du serpent de mer, le régalec, plus grand poisson osseux du monde, a été filmé pour la première fois dans son habitat naturel par une équipe de scientifiques. Retour sur une expédition hors norme.

Ses dimensions extraordinaires (jusqu'à quinze mètres de long) et sa forme de ruban argenté ont inspiré le mythe des serpents de mer. Jusqu'à récemment, les chercheurs n’avaient jamais observé ce poisson, aussi appelé roi des harengs, dans son milieu naturel, et ne disposaient pour leurs études que d'un unique fossile ou de spécimens échoués sur les plages. Mais depuis quelques années, des bouées scientifiques immergées en mer Méditerranée attirent les régalecs : bien vivants, dérivant à la verticale, seuls ou à deux. Emmenée par le spécialiste mondial de l’espèce, Tyson R. Roberts, et des plongeurs chevronnés, une expédition scientifique a permis de percer les secrets de cet énigmatique ambassadeur des abysses.

Pari fou
Extrêmement risquées, les plongées se sont effectuées sans repère, de jour comme de nuit, jusqu’à 70 mètres de profondeur. Grâce à de nombreuses innovations technologiques, l'équipe a réussi un pari fou : lever le voile sur les mœurs paradoxales de l'animal que les Japonais appellent "messager du palais des dieux". Pourquoi les spécimens adultes se débarrassent-ils d'une partie de leur corps sans en être affectés ? Comment ces poissons se rencontrent-ils dans l'immensité de l'océan ? Pourquoi n'ont-ils aucun prédateur connu ? À l’issue d’un tournage de deux ans, ce film aux images exceptionnelles livre des réponses inédites.

 

REGARDER LE REPORTAGE

D'après le reportage de Bertrand Loyer

produit par ARTE FRANCE, Saint THOMAS PRODUCTION

 

 

"L’océan abrite des animaux mystérieux , parmi eux le serpent de mer.

Ses échouages ont permis aux scientifiques d’étudier l’étrange anatomie de ce poisson osseux le plus long du monde

Sa tête couronnée d’un toupet de rayons lui a valu le nom de Roi des harengs

Faute d’avoir pu l’observer vivant on ignorait presque tout de sa biologie jusque à aujourd’hui.

Au large de nos rivages, une première mondiale, une expérience scientifique inédite va  permettre à des plongeurs chevronnées d’observer d’étudier et de révéler les mœurs extraordinaires de cette créature singulière.

 

 

Jusque au début 19è siècle il  appartenait aux monstres marins, des créatures légendaires qui hantaient l’imaginaire des hommes et les zones d’ombres des cartes marines. Son aspect étonnant, sa taille, sa rareté et ses couleurs ont suscité des histoires des  superstitions. On l’aurai vu s’attaquer aux navires on l’affublait même de dents qui le faisait ressembler à un reptile marin.

 

Au 19 ème siècle ses dents allaient progressivement disparaître grâce à  la description des premiers naturalistes pourtant leurs observations sont rares

Depuis deux siècles l’on récence moins de 250 échouages de régalec  agonisants morts ou atrophiés sur les côtes tempérées du monde entier.

Le plus long jamais recensé mesurait 11 mètres

 

Récemment, par un incroyable concours de circonstances ce poisson a été observé bien vivant en Méditerranée  au sud de la France.

 

Une conséquence indirecte d’une expérience insolite.

La Mise en place d’un dispositif scientifique au cœur de l’été 2000 l’observatoire océanographique de Villefranche sur mer en association avec les plus grands organismes internationaux de recherches spatiales déploie au large de Nice, à  60 km une bouée océanographique appelée la boussole.

Son but est d’acquérir les données sur la couleur de l’eau et  transmettre ces données vont permettre de calibrer les satellites qui observent les océans.

La couleur de l’eau qui varie selon les saisons et les lieux est un bon indicateur de la présence de planctons.

Au printemps les algues microscopiques et leurs prédateurs abondent  on parle de bloum planctonique. La chlorophylle des algues donne une couleur verte à l’eau de mer

La vaste chaine alimentaire des océans commence ici ...

 

La bouée est arrimée au cœur d’un courant giratoire appelée le courant liguro provençal plus de 2000 m de fond.

La bouée sa structure et sa chaine servent de point de repères aux passagers du courant les rouvres des épaves, les serrioles, les poissons pilotes et enfin les serniers

Ces poissons  vivent dans la zone photique c’est à dire les couches d’eau de faible profondeur suffisamment exposé à la lumière pour que la photosynthèse soit possible.

Tropisme du cône d’ombre de la bouée,  ils y trouvent gite et couvert.

 

David Luqué  plongeur scientifique au centre océanographique de Villefranche sur mer à  pour  mission, de nettoyer des capteurs optiques sous marins qui en moins d’un mois seraient inutilisables, suite à la colonisation des algues et des molusques.

Le nettoyage fait à la brosse crée des sons, des ondes perçues par les animaux

Ces sons se propagent le long de la chaine jusque dans les profondeurs. 

 

En avril  lors du Bloom planctonique en vérifiant l’installation, le scientifique a vu un très long ruban argenté remonter des profondeurs

 

Pour la première fois au monde un plongeur nage avec le poisson mythique.

Il découvre ainsi qu’il nage verticalement et non horizontalement comme les serpents de mer des gravures anciennes

 

La queue de l’animal est sectionnée, a quoi est ce du ? Une rencontre avec le grand requin blanc? Pour cela il faut examiner les marques de près une prochaine fois, le poisson rejoint les profondeurs

 

Pour anticiper d’autres rencontres il faut se demander comment le régalec parvient à détecter la bouée ?

 

Par chance à des milliers de km de la bouée des éléments vont permettre de révéler des facettes méconnues du poisson mythique

 

Au Japon, le Régalec est connu sous l’appellation « Le messager du palais des Dieux »

Plus d’une 12aine de régalec de toute taille on été déposé par les courants marins sur les rives du sud du Japon

Selon les croyances cela annoncerait l’imminence d’un tremblement de terre

Ces apparitions n’ont jamais  pues être corrélées avec l’activité sismique de la région mais elles ont permis au Dr Tyson Roberts le spécialiste mondial du Régalec une opportunité inespérée pour mener une étude sur des animaux frais.

 

Le Dr Tyson Roberts grace à des images d’IRM  qui permettent de donner des informations sur le cerveau et le système endocrinien du Régalec a pu approfondir ses recherches.

Les images en IRM confirment que le cerveau mesure que 2cm soit la moitié de la taille de son œil. Paradoxalement,  il contrôle la plus longue moelle épinière  et le plus long tube digestif connu chez un poisson

 

Comment le regalec se repère dans le noir des profondeurs ?

La plupart des poissons utilisent parfois la vue, parfois les sons et surtout les odeurs

Ce sens paraissait jusque alors absent chez le régalec.

Après 35examens de spécimens de Régalec le Dr  Tyson Roberts n’avait jamais vu de narines,  c’est a dire la terminaison du système olfactif,  et elles n’avaient jamais étées évoquées avant.

Sur le long spécimen étudié l’on relève qu’elles se trouvent dans la cavité buccale à la pointe de son museau et peuvent s’ouvrir sur leur partie antérieure. Elles sont donc situées à l’intérieur de sa gueule

Aussi pour repérer des odeurs dans la pénombre Le régalec doit garder les mâchoires entrouvertes et pomper l’eau en permanence

En les ouvrant et fermant le régalec est capable d’obtenir des indications sur l’origine des odeurs.

Le régalec est donc capable de remonter la piste des odeurs simplement en faisant des pirouettes

 

Pour être certain de cette avancée il faut plonger à la limite de la ligne photique là ou la lumière s’arrête. David Luquet fait alors appel à un spécialiste des plongées profondes en mer méditerranée Le caméraman italien Roberto Rinaldi

 

Des plongées sont faites à toute heure du jour et de la nuit, synchronisées avec le pic printanier de production de planctons, de protéine animale. Ainsi si le régalec est bien attiré par une source de nourriture odorante ou par les sons de la bouée les scientifiques augmentent leurs chances de rencontre.

Ces plongées permettront de rencontrer un géant de 5m, le plus grand régalec jamais observé vivant, dans son environnement : le plus long poisson osseux jamais recensé en mer Méditerranée, sa queue n’est pas coupée comme l’autre spécimen une chance inestimée pour le connaître et prélever des échantillons.

Curieusement la peau du régalec semble insensible lors du prélèvement.

 

Une étude biologique permettrai de recueillir de nombreuses informations.

L’échantillon est envoyé en analyse dans un laboratoire de Bretagne. Des séquences  d’ADN sont  extraites des échantillons de mucus prélevés

Il semblerait qu’il existe deux espèces de Régalec.

Regalecus glesne : en méditerranée, dans les eaux tempérées

Regalecus rusely dans les eaux chaudes du Pacifique

Des différences morphologiques subtiles pour ces 2 groupes de régalec, le Glesne possède entre 4 et 7 crêtes de plus que l’autre espèce

 

 

Mais que mange le Régalec ?

 

Sur plus de 120 plongées à la boussole le Régalec n’a été vu que deux fois.

La chance n’existe pas, les rencontres se préparent se provoquent et se désirent

 

Comment plusieurs Régalec peuvent se retrouver à un même endroit ?

Une phéromone qui voyagerai sur les km

Une fois sur place le langage du corps prime

 

Pour être vu par ses congénères le poisson a la peau miroir adopte la position de la croix. Une posture statique surprenante.

 

Pour se déplacer, la nageoire du Régalec ne bouge pas, elle vibre.

 

Avec beaucoup de plongées, et de prélèvements de nageoires certaines interrogations pourront trouver des réponses. 

 

La plupart des régalec font état d’un corps tronqué, le requin est toujours suspect mais le Dr Tyson Roberts avance une toute autre hypothèse.

Le régalec serai selon lui autotomique.

Une série d’autotomies, ils s’amputent eux même comme un lézard sauf que le lézard se coupe a un endroit, le régalec lui peut couper des morceaux supplémentaires et le faire d’un coup jusque l’anus.

La raison est un gain d'autonomie, l'économie de son énergie. 

D’après le Dr Tyson Roberts, cela varie d’un individu à l’autre, pour des questions d’autonomie

Cette théorie reste à prouver.

 

 

La signature lipidique du krill se retrouve dans la chair du régalec

 

Des plongées de nuit sont alors organisées pour vérifier l’alimentation du Régalec

Sans repères dans le noir total

 

La plus grande migration de biomasse au monde

Les poissons se regroupent semblant craindre de plus grands prédateurs invisibles

 

A quoi sert sa peau miroir ?

Le poisson ignore le krill mais ouvre la bouche serait ce la lumière qui le dérangerai ?

Des parasites vont et viennent à leur gré dans sa gueule du régalec ces parasites permettent de placer le régalec dans la chaine alimentaire

 

Des contenus stomacaux de régalec échoués ont été examinés on permis de faire d’étonnantes découvertes

L’université de Santa Barbara  a confirmé que la présence de nématodes juvéniles dans les viscères de régalec apporterai La preuve que ce poisson est la proie de prédateurs des profondeurs ces cétacés, comme le cachalot sont connus pour être les hôtes de la même espèces de nématodes.

Le krill lui apporterait ces bactéries bioluminescentes.

 

Des lampes UV qui révèlent la bioluminescence des êtres vivants sont utilisées en plongée pour vérifier cette hypothèse.

 

Repérer le régalec avec des lumières blanches puis les éteindre pour approcher le Régalec de très près avec les lampes UV un pari osé, un pari gagné

Les lampes UV révèlent alors deux organes luminescent sur le régalec un sur le front un sous le menton

Tels des pièges lumineux miniatures ces organes permettent de leurrer ses proies, une beauté envoutante qui a attiré les plongeurs par 71m de fond « ce petit poisson m’a amené chez lui dans son abise »

 

Le serpent de mer n’est plus la créature mythique qui dévorait les navires seule son envoutante beauté peut être fatale, au plongeur de l’occulter pour mieux dire  le monde du poisson roi un animal rare inoffensif et féérique