Première rencontre avec le Regalec

 

Récemment, par un incroyable concours de circonstances ce poisson a été observé bien vivant en Méditerranée  au sud de la France.

Une conséquence indirecte d’une expérience insolite.

Au cœur de l’été 2000, à 60 km des côtes de Nice que la mise en place d’un dispositif scientifique, une bouée océanographique appelée la boussole a rendu possible cette rencontre. 

L' observatoire océanographique de Villefranche sur mer en association avec les plus grands organismes internationaux de recherches spatiales sont à l'origine de ce projet. 

Son but est d’acquérir et transmettre  les données sur la couleur de l’eau, variable selon les saisons, qui vont permettre de calibrer les satellites qui observent les océans.

L'UPMC, l’Institut National des Sciences de l'Univers (INSUNouvelle fenêtre) du CNRS, le Centre National d'Etudes Spatiales (CNESNouvelle fenêtre) et la société ACRI-ST Nouvelle fenêtrese sont associés au sein d'un Groupement d'Intérêt Scientifique (GIS). Ce groupement, axé sur l'étude et l'observation de la « couleur de l'océan », a pour objectif de mieux comprendre les relations entre les changements climatiques actuels et les organismes du plancton marins. Ce GIS est né d'une collaboration de près de 20 ans, entre le Laboratoire d'Océanographie de Villefranche (UPMC - CNRS) et la société ACRI-ST, qui constituent, à eux deux, un pôle de recherche reconnu en France et à l'international dans le domaine de la couleur de l'océan (COOC). La coopération entre les différents partenaires du groupement scientifique concerne le partage des compétences scientifiques et techniques, l'aide mutuelle pour ce qui est des moyens humains et matériels, la diffusion et la valorisation des résultats des travaux réalisés conjointement, ainsi que les réflexions de nature prospective.

Les travaux du groupement scientifique seront centrés sur l'interprétation et l'exploitation des données fournies par les satellites d'observation de la couleur des océans (radiométrie dans les domaines visibles et proche infrarouge) et par les instruments in situ ainsi que sur les études prévisionnelles touchant aux futurs capteurs spatiaux embarqués. Les recherches sur la couleur de l'océan permettent en particulier d'améliorer la connaissance du rôle joué par les organismes planctoniques marins dans le cycle du carbone à l'échelle globale et donc dans les évolutions climatiques actuelles.

Le GIS COOC, véritable force de proposition, est aussi doté de la taille critique et de toutes les qualifications nécessaires pour répondre aux demandes des agences spatiales et de la communauté scientifique nationale et internationale. Ce groupement scientifique a pour vocation, à court et moyen terme, d'être le centre de production, archivage et portail de données de l'ensemble des missions spatiales et in situ couleur de l'océan. Il est positionné dans la logique des futures missions spatiales, françaises et/ou européennes dédiées à l'étude biogéochimique des océans et de leur rôle dans l'évolution climatique. Il s'inscrit notamment dans les recommandations émises par les prospectives du CNES pour 2010-2020 concernant les activités portant sur l'analyse de la couleur de l'océan.

Les principaux objectifs scientifiques du GIS COOC sont :
- la poursuite et l'approfondissement des recherches algorithmiques visant à estimer les propriétés biogéochimiques des océans depuis l'espace, notamment en regard des spécificités et des besoins particuliers des zones côtières,
- la constitution d'archives de produits biogéochimiques sur le long terme et pour l'océan global (variables climatiques essentielles),
- la poursuite indispensable des activités de calibration et de validation des données satellitaires (par exemple, à travers l’exploitation des données acquises par le mouillage instrumenté permanent « BOUSSOLE » en Méditerranée).

Ce groupement scientifique a également une vocation sociétale avec l'élaboration de produits et de services innovants s'adressant plus directement aux citoyens (ou aux services sanitaire et de sécurité), la promotion de la formation et de l'éducation au travers de thèses, de post-doctorats, de séminaires, de conférences et de publications et enfin, la communication avec les décideurs nationaux et internationaux et avec le public.

Le président du conseil de GIS est Jean Charles Pomerol, président de l’UPMC. La direction du GIS est assurée par Louis Legendre, professeur à l'UPMC et la présidence du comité de pilotage par Constant Mazeran, ingénieur de recherche à la société ACRI-ST.

http://www.gis-cooc.org/

 

La première rencontre avec le  Regalec s'est déroulée en Méditerranée. C'est à bord du Moguntia que David Luquet, responsable de plongée scientifique  était embarqué.

Alors qu'il entretenait les capteurs optiques de la bouée il a rencontré  ce fabuleux "serpent des mers" que presque personne n'avait vu dans son environnement naturel, vivant. 
 

 

Le Nice matin en date du 9 mai 2015 a publié un article sur le Regalec, mystérieux serpent de mer que nous permettons à des scientifiques d'observer. Une exclusivité mondiale.

"Scientifiques et réalisateurs de documentaires animaliers embarquent régulièrement à bord  du Moguntia, basé à Antibes (06), pour traquer le mystérieux poisson qui vit dans les abysses.

La légende du serpent de mer, monstre marin qui avalait les bateaux, c'est lui. La réalité est moins terrifiante mais le mystère perdure : le régalec, plus grand poisson osseux du monde, pouvant mesurer jusqu'à 11 mètres de long pour 270 kg, a été identifié, en chair et en arêtes, à 60 kilomètres des rivages de la Côte d'Azur.

Mieux, il a été filmé, vivant, pour la toute première fois et ses apparitions rarissimes mais fascinantes ont été mises en scène dans un documentaire présenté sur Arte le 17 avril dernier.

Ils sont peu nombreux à avoir aperçu l'animal, habitant des profondeurs extrêmes. Le pêcheur professionnel et plongeur Jean-Christophe Cane fait partie de ces rares élus et a participé à plusieurs « traques » du régalec. L'Antibois est fasciné par le mystérieux poisson depuis longtemps. « Jeune pêcheur, avec mon père, il m'est arrivé de repêcher un spécimen, sans doute un juvénile. Mais, c'était bien un régalec. À l'époque, on ne savait pas grand-chose sur eux. Alors, je me suis documenté, dans des livres. Il n'y avait pas Internet ! »

Première rencontre en 2000

Depuis quatre ans, Jean-Christophe Cane vit son rêve : à bord de son bateau le Moguntia, qui propose depuis le port Vauban des sorties pour observer et nager avec les dauphins, il accompagne scientifiques et réalisateurs de documentaires. Après le film diffusé sur Arte qui narrait la première rencontre, en 2000, entre David Luquet, plongeur scientifique à l'Observatoire océanographique de Villefranche-sur-Mer, et le poisson géant, l'équipage du Moguntia vient de participer à une nouvelle mission, toujours pour les productions Saint-Thomas.

Le modus operendi ne varie pas : « On embarque pour trois ou quatre jours et on croise les doigts pour apercevoir quelque chose ! » explique l'Antibois. Les plongées ont lieu de nuit. Caméra à l'épaule, les plongeurs guettent le moindre signal, évoluant dans le périmètre, trop vaste, où le régalec a été aperçu. Lorsqu'il apparaît, la féerie opère : « C'est comme un long ruban argenté qui monte, la tête du poisson est surmontée à ce qui ressemble à de longues plumes… » Il s'agit, en fait, des premiers rayons de la dorsale, libres et très longs. D'où le surnom de poisson roi. L'animal qui évolue à la verticale suit en fait les courants qui portent les petites crevettes dont il se nourrit. L'instant est fugitif. La créature disparaît dans des gouffres profonds de 2 500 mètres. Impossible pour les hommes, tous expérimentés et équipés pour des plongées de l'extrême, comme l'Italien Roberto Rinaldi, célèbre photographe du monde sous-marin, de suivre…

« Messager des dieux »

C'est ainsi que le régalec, difficilement observable, garde sa part de mystère. Comment vit-il ? Comment se reproduit-il ?

« On le trouve dans toutes les mers du monde. Il a pu être disséqué, grâce à des échouages, toujours rares, sur les côtes » rappelle, incollable, Jean-Christophe Cane. Les premières découvertes sont stupéfiantes : le régalec est ainsi capable de s'automutiler s'il n'a pas assez de nourriture. Il se dirige dans l'immensité des océans grâce à son flair, en ouvrant la bouche.

C'est à l'intérieur que sont dissimulées ses narines !

Au Japon, le poisson roi est appelé « messager des dieux ». Son échouage annoncerait un séisme né au fond de la mer. Mythe ou réalité ? Cela fait partie de la légende du régalec.

 

(1) Régalec, premiers contacts avec le poisson roi, de Bertrand Loyer.

 

Source: Nice matin